comment je me suis logé (2)

Troisième visite, rendez-vous est pris à 11h, j’arrive à 11h02, le type de l’agence m’accoste au bas de l’immeuble d’un vif « c’est au troisième, allez-y, c’est ouvert » qui m’encline à remettre encore un peu plus en question l’utilité de cette engeance sur terre, l’agent immobilier.

Aparté : depuis, d’autres AI (agent immobilier, ou Intelligence Artificielle en anglais, ce qui revient au même), en m’intimant de joindre directement le locataire sur le départ et de régler les détails de la visite avec lui, firent presque passer celui-ci pour un monstre de professionnalisme.

Bref, je monte, les « parties communes » (j’appris par la suite que ce terme désigne aussi les chiottes des bistrots basques)(ça n’a rien à voir avec la choucroute, c’est juste pour dire que si, à défaut d’un loft géant face à Montmartre, tu avais dans l’idée de m’offrir un grand duplex avec balcon donnant sur la baie de San Sebastian, bien sûr je protesterais pour la forme, mais pas super longtemps), les parties communes, donc, jalonnées d’ouvriers tout à fait moustachus, tous sans exception, ça doit être le créneau marketing de leur boite, « Le plâtrier a de belles bacchantes », ça sonne comme un film de seins des 70s avec des filles pleines de fard vert au yeux et de poils frisés au cul, c’est vrai ça, deux trucs qui ont à peu près disparu à l’ouest du Rhin, on ne s’en plaindra pas mais quand même, faudrait enquêter peut-être, qui donc a un jour décidé que le vert et les poils étaient finito, verboten, kaputt, est-ce qu’un mot d’ordre a été lancé, par qui, comment, je vois déjà la couv’ du Point, « Disparition des poils du cul : les francs-maçons avouent », on tomberait sans doute en plein revival, toutes les filles déguisées en chanteuses d’Abba avec des touffes à garnir des traversins, les garçons idem, des fois ça ferait velcro, ha ha ha. Où j’en étais. Ah oui.
L’appart. Étrangement agencé, avec un couloir fermé aux deux extrémités, et des « fenêtres sur cour » par lesquelles on doit pourvoir serrer la main des voisins de l’immeuble d’en face, mais ça reste très vivable selon les standards parisiens. Après dix minutes de visite, je redescend, l’AI est déjà parti. En même temps, j’avais juste demandé à visiter, j’avais pas textuellement évoqué la possibilité de déposer un dossier de candidature. Ma faute, quoi. Les rues doivent être pleines de gens qui visitent des apparts pour se passer le temps. « Chéri, j’ai pris mon après-midi, qu’est-ce que tu voudrais faire ? On baise, on va au ciné, on visite un deux pièces à Malakoff ? ». Oui, bon, moi aussi, ça m’étonnerait. En même temps, tu m’aurais dit y’a un an que Sarkozy boufferait le cul de Carla, j’t’aurais aussi répondu « ça m’étonnerait ». Alors, hein.
(dix jours après, j’apprenais qu’aucun dossier n’avait été accepté pour cet appart, y compris celui que j’avais finalement réussi à déposer et qui, maquillé comme une Lolo Ferrari lâchée en pleins soldes chez Ripolin, promettait des revenus plus de quatre fois supérieurs au loyer et, en guise de pot de vin, une pleine valisette de sauces Creamy du Mc Do)(c’est à n’y rien comprendre).

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