comment je me suis logé (1)

Cela n’aura pas échappé à ta saga(frica)cité légendaire, affûtée chaque jour par notre amusant gouvernement qui s’échine à ponctuer notre quotidien de fausses annonces plus stupides les unes que les autres (c’est bien des blagues toutes ces conneries, hein ?), je cherche un appart’. Mon panurgique propriétaire s’est en effet laissé convaincre que son 48m² sis entre deux des plus bruyants carrefours de la capitale valait bien trente ans de travail au smic. Il m’a même demandé, loi oblige, si des fois ça ne m’intéressait pas, moi, d’acquérir une jolie dette d’une cinquantaine d’années de smic (les intérêts, malheureux !) alors même que le marché vient à peine d’entamer sa longue plongée décennale. Me voilà donc batifolant dans Paris (virtuellement s’entend, faut pas déconner, c’est tout pollué dehors), naviguant dans les beaux quartiers via les photos des pages jaunes.
Bon, en fait de beaux quartiers, j’erre surtout dans les décors anémiques du nord du 18ème, du cul du 19ème et des bas-fonds du 20ème. Hé, y’a pas marqué Kerviel là, ces malades te demandent quatre fois le loyer en revenu (c’était trois fois il y a 8 ans)(j’en déduis que le pouvoir d’achat des français a sérieusement augmenté)(ou alors qu’ils se sont tous mis à Photoshop pour s’adjuger des émoluments princiers dans leurs dossiers de candidature).
L’avantage, c’est que comme je cherche la poule à cinq pattes, j’ai pas à me démultiplier pour les visites.
C’est même franchement tranquille pour l’instant.
FRANCHEMENT.
Permière visite, un toutirikiki dans le 11ème, miraculeux premier étage sans vis-à-vis. Pour gagner de l’espace, ils ont réduit la salle de bain à 1/2 m² pour le lavabo et 1/2 m² pour la cabine de douche. Les chiottes sont plus grandes, je crois. Le reste me va, dossier déposé, avec marqué dessus au gros rouge qui flashe, à l’attention de l’agent immobilier, « je peux t’avoir un autographe de Grace de Capitani ». Si avec ça…
Deuxième visite, une résidence. En jargon immobilier francilien, la « résidence », c’est un paquet de blockhaus importés tout droit de Dresde circa 1972 et plantés au bord d’une rocade, d’une nationale ou d’une voie de chemin de fer. Troisième option dans le cas présent. Pas échaudé pour autant : l’annonce parle d’un truc grand et pas trop cher, la dame de l’agence a l’air humaine et je n’ai compté que cinq junkies en une demi-heure d’attente. Passée la demi-heure, j’appelle quand même l’agence en me disant que j’ai dû me gourer de jour comme un gros plouc. Pas du genre à se démonter, la fille de l’agence – qui m’avait quand même rappelé l’avant-veille pour me confirmer la visite – m’annonce que « c’est loué depuis hier ». C’est pas que j’aime pas poireauter pour rien sur de sinistres boulevards modianesques, mais j’ai quand même lâché un net « salope ».
Dieu est grand, je suis tout petit.

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