avril lavigne, septembre le vin

(Préambule trop long)
La mule, c’est mal. A chaque fois que tu charges la mule pour écouter gratos le dernier Dalida (souvent, donc), Dieu tue un châton mignon, sache-le. Et si tu continues à cliquer en tous sens en dépit du bon, Jauni n’aura même plus les moyens de se payer une gaufre à la coke à Gstaadt, C’line reviendra exhiber son dernier menton chez Drucker et p’t’être même que Polnareff sera contraint de secouer sa chevelure en Velleda dans toutes les tournées Ricard de l’été. Bref, si tu veux éviter le retour des fâcheux, télécharge BIEN.
(Fin du préambule)
Moi, perso, vu tout c’que je file à UGC et à Canal, manquerait plus que les condés numériques viennent me saisir ma freebox. Déjà, ils y laisseraient les paluches, vu que la boîte libre susnommée approche la température de la lave en fusion après dix minutes de fonctionnement. Pis hein, je raque assez comme ça, limite je devrais avoir droit à un mini-concert annuel de Jarvis Cocker au lieu qu’il me snobe du haut de ses 3m17 quand je le croise devant l’Eros Center de la Gare du Nord. Qui, j’en vois ricaner, se trouve malencontrueusement sur le chemin de mon proctologue, c’que vous êtes médisants, arrêtez de médiser un peu. Bref.
Juste une anecdote (*) pour t’avertir, toi l’ingénu, des dangers du téléchargement.
Disons que t’es un gentil papounet de famille francilien CSP+, c’est à dire que tu peux, avec ton salaire annuel deux fois supérieur au PIB du Gabon, espérer acheter sur 35 ans une studette coquette en zone 4 si tu arrêtes le parmesan dans les nouilles et la troisième épaisseur dans le papier-toilette. Ta fille de quatre ans ne découvre donc pas la nature espiègle des aoûtats et des orties en gambadant dans le parc familial : elle passe son week-end au milieu du salon qui sert aussi de salle à manger, de salle de jeu, de bureau et de chambre d’ami.
Afin de la distraire à peu de frais, t’as téléchargé l’intégrale des aventures de Bouba l’ourson, vu que mamounette a refusé, usant de vagues arguments humanitaires, l’autre activité proposée : apprendre la couture de ballons de foot à poussinette qu’il faudra bien pourtant, un jour ou l’autre et le plus tôt sera le mieux, sensibiliser à la mondialisation galopante (cataclop cataclop) et à sa devise – il faut coudre plus pour manger plus.
Voici donc poussinette hypnotisée par les tribulations édifiantes d’un jeune ourson qui voit quand même sa mère se faire massacrer dès le premier épisode par un chasseur ivre-mort, papounet vaquant à ses occupations tandis que mamounette est sortie acheter de la Maïzena et des bottes à 3000 € quand bien même papounet n’a inscrit que « Maïzena » sur la liste des courses.
Tout à coup, poussinette, interloquée au beau milieu de l’épisode 7, tente d’attirer l’attention de papounet d’un soudain « ‘a pu Bouba et Frisquette ? ». Papounet met quelques secondes à relever l’interjection, puis lance un coup d’oeil distrait à l’écran, et écarquille soudain les mirettes jusqu’aux oreilles : effectivement, ‘a pu Bouba et Frisquette. ‘A plutôt John Bobitt et Francesca Pott, jaillissant inopinément au milieu du divx perfidement encodé, dans un extrait athlétiquement impressionnant mais éducativement prématuré de « Ferme les yeux, goûte mon chichi #17 », le meilleur de la série selon mon proctologue. Dans un état de panique avancé, papounet bondit sur le canapé pour essayer de bander les yeux de sa progéniture de la main gauche tandis que la droite tâtonne fébrilement dans la caisse à télécommandes pour trouver celle qui arrêtera ce spectacle ô combien inconvenant. Mais c’est juste avant qu’il y parvienne que mamounette revient des courses et entre dans le salon, effarée par le spectacle de son mari tripotant la tête de sa fille devant une scène de levrette claquée en 16/9.
Bilan de l’opération : une heure d’explications fastidieuses avec poussinette pendant que mamounette, sûre de la bonne foi de son époux mais enfin toutes les occasions sont bonnes à prendre, est repartie faussement furibarde s’acheter le sac à 4000 € qui va si bien avec les bottes.

(Conclusion « tout ça pour ça »)
Au-delà de la mise en garde amicale contre les dangers du téléchargement sauvage, cette péripétie cache également un coup de gueule personnel : QUI est le saloupiot qui a casé dix minutes de « Rémi sans famille » dans le divx « Clara Morgane et le pudding au GHB » que je m’étais réservé pour me consoler d’une éventuelle victoire de Sarkozy ?

(*) à 97,4% véridique, je le jure sur la tête de Maitre Vergès, pas la taupe vicieuse au point de jouer à Barbie à un âge cacochymique, non, l’autre, celui « vu à la télé » qui défendait la veuve paraplégique et l’orphelin abusé chez Courbet (**)
(**) Pas l’auguste peintre naturiste (comme disait ce gros con de Sébastien Courge en 3ème B), non, l’autre, le ministre officieux de la justice qui coule les voisins atribilaires et les arnaqueurs cosmopolites dans le béton poujadiste de son employeur

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