trotski tue le ski

(Tout l’intérêt est dans le titre, t’en apprendra plus sur la vie en t’épilant le maillot qu’en lisant cette note)
(J’t’aurai prévenu)

C’est étrange, je fais ce trajet en train chaque semaine, et chaque semaine je découvre un nouveau pont, un village inédit, une déchetterie inconnue – ok, souvent une déchetterie inconnue. J’ai bien repéré les tunnels à la con qui crèvent les tympans à la sortie de Paname et les éoliennes quelque part vers Angoulème (mate la précision du GPS interne)(parce que déjà Angoulème, pour moi, c’est juste un gros quelque part bien vague)(alors « quelque part vers Angoulème », ça dessine une zone maousse entre Bordeaux et Tours), mais pour le reste, nadapodzobi. J’en suis même venu à caresser dans le sens du poil l’idée que les agents de la SNCF, dont l’esprit facétieux n’est plus à démontrer (t’as qu’à voir leurs sandwichs), démontent chaque semaine les rails du TGV Atlantique pour les reposer deux cents mètres plus loin, juste pour me changer le paysage, les coquinous. Après tout, la paranoïa n’empêche pas le complot.
Et puis, c’est pas tout.
Chaque semaine, je me retrouve assis COMME PAR HASARD à côté de l’homme le plus large du monde. Là aussi, on m’enlèvera pas de l’idée qu’il s’agit ni plus ni moins d’un traquenard orchestré de bout en bout. Je le vois bien, quand je déambule dans les wagons à la recherche d’une pissotière non inondée : le plus gros, celui qui doit relever l’accoudoir sinon il se le rentre dans les côtes, c’est pour bibi. J’veux bien être crédule et gentil et de gauche et tout, mais là, on m’l’a fait pas.
C’est EXPRES.
Déjà, tout petit, je me réfugiais souvent dans le fatasme rassurant et nombriliste selon lequel mon existence ne serait qu’une vaste comédie ourdie par mes proches, qu’ils me ménageaient beaucoup de joies, quelques rebondissements tombant à point nommé et aussi un ou deux tourments pour la bonne mesure. Ma vie, c’était un peu le Truman Show, enfin des fois je faisais comme si, et j’arrivais presque à m’en convaincre, comme quand on essaie d’imaginer la perte d’êtres chers jusqu’à ressentir le malaise d’une peine presque réelle. Je me disais que s’il m’arrivait un truc vraiment moche, mais vraiment vraiment, genre Chirac est élu ou Corinne Thomas ne m’invite pas à sa boum ou j’arrive tout nu à l’école ou d’autres trucs encore pire avec des salsifis trop cuits, et bah ça serait forcément pour de faux : à l’instant fatidique, soudain les masques tomberaient, tout le monde crierait « surprise » en soufflant dans des trucs qui font tlllluuuuuuuttt et on en rigoleraient tous bien fort et on se gaveraient de Picorettes et de Banga.
L’avantage implacable du destin, de Dieu, de la bonne étoile, du Sarkozysme (appelle ça comme tu veux) c’est qu’en lui remettant les clés, tu te déresponsabilises de toutes tes conneries.
Pourquoi je pense à ça moi déjà…
Ah oui, le boulot.
Il semblerait qu’après avoir été bradé par Jean-Marie Messier (mais si, rappelle-toi, la personne la plus importante du monde de l’univers pendant au moins six mois, quelque part au début du siècle), après avoir été snobé par Evelyne Dhéliat, c’est désormais Brigitte Lahaie qui jugerait mes capacités indignes d’elle.
(Je ne peux pas complètement lui donner tort, remarque).
Donc
Normalement il faudrait professionnellement paniquer un tantinet, et se remettre fiévreusement à la croyance infantile d’un happy end écrit d’avance.
Et bah même pas. Serein comme… un serin, tiens.
Inconscient.
(Ceci n’est pas un appel au secours déguisé. Toutefois, si quelqu’un dans l’assistance a sous le coude un job bien payé à gribouiller des trucs obscurs depuis chez soi, qu’il le dise maintenant ou se taise à jamais)
(ou se manifeste à nouveau à la rentrée, des fois que)

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